Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio lors d'un point presse après une rencontre avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York, le 23 septembre 2026 ( POOL / Yuki Iwamura )
Le président américain a invité son homologue russe Vladimir Poutine au sommet du G20 en décembre aux Etats-Unis, alors que Washington peine à convaincre Russes et Ukrainiens de mettre fin à la guerre, a annoncé mercredi le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio.
Moscou n'a pas encore répondu à l'invitation, mais le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a prévenu que la Russie ne ferait "pas de pause" dans sa guerre contre l'Ukraine devant le Conseil de sécurité de l'ONU.
"Une phrase qui résume tout", a rétorqué son homologue ukrainien Andriï Sybiga.
"Pour résoudre les problèmes, il faut rencontrer les personnes avec lesquelles on est en désaccord ou celles avec lesquelles on peut avoir des différends; c'est pourquoi nous avons invité le président Poutine au G20", avait justifié plus tôt Marco Rubio lors d'une conférence de presse en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.
"Nous pensons que c'est l'occasion pour lui de dialoguer non seulement avec le président, mais encore avec d'autres dirigeants du monde", a-t-il ajouté en disant "espérer qu'il acceptera cette invitation".
Le chef de la diplomatie américaine s'exprimait peu après sa rencontre avec son homologue russe Sergueï Lavrov dans un grand hôtel de New York, alors que le président ukrainien Volodymr Zelensky doit prendre la parole à la tribune de l'ONU.
Il a aussi exhorté Moscou et Kiev à conclure un cessez-le-feu énergétique, disant que les Etats-Unis y travaillaient.
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio (d) et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov (g) lors d'une rencontre en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York, le 23 septembre 2026 ( POOL / Yuki Iwamura )
Un tel moratoire ne mettra pas fin à la guerre en Ukraine, a-t-il dit, mais pourrait servir de "plateforme" pour un accord plus large.
"Les deux parties ont exprimé leur intérêt pour un cessez-le-feu limité impliquant l'énergie", selon M. Rubio.
"Evidemment, ce n'est pas quelque chose de facile mais les deux parties ont dit être intéressées".
Mer noire
De nouvelles attaques russes en Ukraine contre des infrastructures de transport civil, visant mercredi des stations-service, la navigation maritime et le rail, ont fait plusieurs morts, ont indiqué les autorités.
Kiev et Washington souhaitent que la guerre de la Russie contre l'Ukraine s'arrête "avant l'hiver", selon un communiqué du président ukrainien publié mardi en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.
"Les Etats-Unis comme l'Ukraine veulent voir cette guerre absurde menée par la Russie prendre fin avant l'hiver", écrit Volodymyr Zelensky, qui précise avoir discuté avec le président Donald Trump "des mesures de désescalade susceptibles d'ouvrir la voie à la diplomatie".
Lors d'une conférence de presse, le dirigeant ukrainien avait dit avoir fait part au président américain de son intention de cesser les frappes sur les sites énergétiques russes à condition que Moscou fasse de même avec ses frappes massives en Ukraine.
Avec le président américain, "nous avons parlé d'un moratoire énergétique", a déclaré mardi le président ukrainien.
La dernière rencontre entre les présidents américain et russe, qui ont échangé de multiples fois par téléphone, remonte au sommet dans l'Alaska en 2025.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors de la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York, le 23 septembre 2026 ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )
Volodymyr Zelensky et Serguei Lavrov sont tous deux présents mercredi à l'ONU.
Dans une déclaration commune en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, 51 pays dont la France, le Royaume-Uni, le Japon ou le Canada ont réaffiché leur soutien à l'Ukraine face à la Russie.
"Nous sommes particulièrement préoccupés par les attaques en mer Noire", ont-ils également souligné, estimant que la Russie tentait d'entraver les exportations agricoles ukrainiennes, "menaçant ainsi la sécurité alimentaire mondiale".

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